Voyages autour du monde en camping-car

Les voyages sont avant tout des histoires de rencontres, qu'elles soient passées ou à venir. J'ai une affection particulière pour le Maroc... Quand j'avais 12 ans, la famille El Kharif est venue habiter dans notre petite cité pavillonnaire. L'amitié fut immédiate. Les rires de nos nouveaux camarades de jeux ricochaient comme les nôtres sur les murs blancs des maisons. La même couleur écarlate venait peindre nos genoux et nos coudes écorchés à chaque fois qu'une chute déchirait nos vêtements. Et, tout naturellement, nos mères et nos pères entretenaient des relations amicales et respectueuses des traditions de chacun. Alors, pour moi, le Maroc s'est invité dans ma vie pour toujours.

 

Si vous ne connaissez pas le Maroc, Marrakech est une porte magique mais, pour découvrir le pays, et si votre véhicule le permet, il vous faudra sortir des grandes routes touristiques. Les rencontres se cachent là où vous ne les attendez pas. Nous retournons au Maroc régulièrement. Le pays nous a conquis par la diversité de ses paysages, de ses villes, de ses villages. L'accueil et la gentillesse des marocaines et des marocains n'est pas des légendes, elles sont bien réelles.

Marrakech est sans aucun doute la porte d'entrée du Maroc. De la place Jemaa el Fna au jardin Majorelle, du palais de la Bahia à la médersa Ben Youssef, de rues en ruelles, la magie vous transporte dans un autre monde. Le voyage continu vers Essaouira. Ses hauts remparts protègent la ville des vents  marins et des embruns. Le port de pêche est sans nul doute l'âme de l'ancienne Mogador. Le festival Gnaoua disperse une partition musicale dans laquelle se crochent les notes du guembri à celles des guitares électriques. Il me faudrait un livre entier pour vous parler des villes du Maroc, Chefchaouen, Meknès, Fès, Ouarzazate, Merzouga... L'Atlas, les gorges du Dadès, le Sahara...  Merzouga; Si je devais poser mes valises ailleurs qu'en Normandie, je les poserais là, au pied de l'erg Chebbi. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien. Je m'y sens bien, c'est tout.

14 février 2020 
Nous sommes partis au Maroc, comme prévu, en janvier dernier. Destination Es-Sémara au Sahara occidental avec pour but de photographier la région et ses habitants. Cette région a obtenu une forme d'indépendance après des années de combats via le Front Polisario. Bien bien... mais non...l'enfer, vous connaissez? Nous oui. Pas à cause du peuple sahraoui mais à cause d'une bronchite accompagnée d'une sinusite très violente. Il m'a fallu quinze jours avant de retrouver un semblant de forme. Je reste donc bloqué dans le camping-car tout ce temps et je sors mon petit nez à peu près présentable au troisième jour passé à Marrakech. Le lendemain matin, nous prenons la direction de Taroudant. Grosse surprise à l'arrivée. A peine posons-nous les pieds sur le trottoir, que deux autochtones nous abordent pour nous signifier que l'endroit est dangereux et qu'il nous fallait séjourner dans le camping dédié aux camping-cars. Évidemment, nous refusons. Dix mètres plus loin, un autre individu nous aborde et nous menace de représailles si nous ne lui donnons pas d'argent pour surveiller notre maison roulante. Après lui avoir donner une tape avec la paume de la main sur le sternum qui le fait reculer de deux mètres, je lui dit que je lui botterais le derrière si lui ou quelqu'un touchait au camping-car... Nous avons passé un nuit sans problème; Allez comprendre pourquoi... Au petit matin suivant, direction et arrivée à El Ouatia, petite ville balnéaire où nous avions séjourné il y a plusieurs années. Très mauvaise surprise. Des constructions barrent l’accès à la plage. Nous finissons par trouver un passage et là, autre mauvaise surprise. La plage sert de dépôt d'ordures en tous genres. Nous trouvons un espace un peu moins pollué pour y passer la nuit. Pour nous remonter le moral, notre Titounet nous fait une otite avec de fortes douleurs. Le soleil se lève. Un petit déjeuner et en route pour Tarfaya à la rencontre de l'aéropostale de Latécoère, Jean Mermoz, Henri Guillaumet et Antoine de Saint-Exupéry. Nouvelle surprise. Hormis un musée aux portes closes et, posé sur une colonne, un avion biplan représentant celui de Mermoz il ne reste pas grand chose... En plus, en réalité l'avion de Mermoz était un monoplan. La piste de l'aérodrome se trouve au nord de Tarfaya, au cap Juby et, malheureusement, personne n'était en mesure de nous l'indiquer. Très peu de personnes parlent le français ou l'anglais dans cette région. Alors quand vous êtes malade et fatigué, vous faites demi-tour. Nous décidons de ne pas poursuivre le voyage même si nous sommes très proche de Es-Sémara. Nous remontons vers la France mais en passant par Essaouira. Après Agadir des portraits du roi bordent la route. Essaouira est en effervescence. Des ouvriers repeignent des portes, certains effacent les graffitis, enlèvent les affiches publicitaires pendant que d'autres changent le mobilier d'un hôtel. Essaouira attend son roi Mohamed 6. Une journée et une nuit sans surprise, ouf. La deuxième nuit, nous sommes réveillés par la police royale qui nous ordonne de quitter notre stationnement le long des remparts car le roi arrive...Il est une heure du matin... Bronchite, sinusite, otite et tout le reste. Beaucoup trop pour ce voyage. Nous rentrons mais nous reviendrons...Ce voyage n'est pas le Maroc, juste une suite de croche-pieds.

31 Mars 2019 
Depuis nos premiers voyages le monde a changé. La planète est offerte aux investisseurs, l'odeur des billets de banque a remplacé le parfum des pensées. La marguerite n'est plus effeuillée pour se dire je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément mais sert désormais à compter les millions qui fleurissent les comptes en banque d'une minorité d'égoïstes. Pendant ce temps, les peuples se nourrissent des racines juste pour survivre. L'essence de la vie ne trouve plus son origine dans les cœurs et les échanges. La terre est pillée de ses richesses pour offrir à fort prix des produits inutiles à des consommateurs surendettés. Les grands argentiers et les investisseurs veulent nous faire croire que le bonheur se trouve en tête de gondole et que les seules relations qui vaillent sont celles de la compétition entre individus et de la culture du ''moi je''. Les mots winner et loser ont remplacés toutes considérations humaines. Mais les winners ne sont-ils pas les vrais losers... !? Nous avons donc supprimé tous les précédents feuillets pour refondre notre site et lui apporter un regard différent mais toujours tourné vers les humains entre tradition et modernisme. L'aventure continue. Prochain départ en mai 2019 pour le Sahara occidental.

2 février 2019 
Nous sommes rentrés en France depuis le 15 janvier dernier. Jamais un retour n'aura été aussi difficile. Nous prenons tous une claque monumentale tant en France la vie est aux antipodes de celle du Maroc. Nous avons le sentiment que la France est une banque qui pille les Françaises et les Français. Taxes, taxes sur les taxes, impôts vertigineux qui appauvrissent le pouvoir d'achat et qui ruinent la trésorerie des entreprises. Les visages sont marqués, les sourires ont disparus. Se nourrir avec des produits de qualité est devenu totalement impossible pour la majorité d'entre nous. Certains n'ont même plus plus la possibilité de faire deux repas par jour. Avant de mettre le chauffage dans sa maison, il faut regarder si votre compte en banque vous accordera le droit de tourner le bouton du radiateur. Aller consulter chez le médecin quand vous êtes malade est devenu un luxe qu'il est souvent impossible de s'accorder. Encore plus grave, les Françaises et les Français n'ont plus de solidarité. Ils se battent entre eux dans un concert savamment orchestré par la dictature d'un président et d'un gouvernement qui ne vit que pour les plus riches. Un gouvernement aux ordres du grand capital. Le Maroc progresse mais sans perdre ses traditions. Le Maroc regarde devant et avance sans oublier son peuple. Bien sûr, tout n'est pas parfait, la pauvreté existe encore mais nous sentons bien que le Maroc d'aujourd'hui s'ouvre et se développe dans le bon sens. Les Marocaines et les Marocains ont le sourire. Ils vous parlent, vous accueillent avec plaisir et sincérité. Ils partagent même si certains ont peu. Marina et Titouan ne veulent plus vivre en France. Le Maroc les a totalement conquis. Ils ont pour objectif, aussitôt que notre entreprise sera vendue, de reprendre la même activité mais à Marrakech. Ils ont adorés la simplicité et le relationnel des femmes et des hommes de ce pays. Alors, oui, nous ferons tout pour offrir à nos enfants le bonheur de vivre. 

28 octobre 2018  
L'année 2018 fut lente et laborieuse. Nous repartons au Maroc, départ le 22 décembre 2018 avec une surprise mais une belle surprise. Titouan, la petite canaille sur la photo en page d'accueil, vient avec nous. Ce n'est pas arrivé depuis trois ans. La canaille a bien grandi et nous domine du haut de ses 19 ans. Il ne vient pas seul...Une rencontre brune aux yeux malicieux et aussi canaille que lui l'accompagne. Coup de vieux, petit coup de blues pour nous. Notre Titounet nous échappe mais nous savions bien que cela arriverait un jour. Pour en rajouter un peu, Nous emmenons aussi mamie Josiane. L'organisation est sportive. Il faut aménager la remorque afin qu’elle puisse transporter le quad mais aussi servir de chambre aux jeunes tourtereaux. Pose d'un lanterneau et d'une fenêtre sur la porte. Isolation du fond et aménagement d'un second plancher afin de poser un lit et quelques rangements. Pour les destination, nous reprenons les parcours prévus en 2017 que nous n'avions pas eu la possibilité de faire. La météo inattendu nous avait fait une jolie farce. Nous passerons plus de temps sur le haut Atlas et nous ferons découvrir le désert à Marina. Bien entendu, nous espérons faire encore de belles rencontres.

27 janvier 2018 
Nous sommes revenu du Maroc depuis huit jours. Les surprises climatiques nous ont accompagnées tout au long de ce voyage. Pluie, neige, froid, chaleur et tempête de sable nous ont obligé à changer nos destinations. Nous avons fait l'impasse sur le Toubkal et les gorges du Dades tant la neige tombait en masse . Les routes étaient impraticables et encore moins les pistes d'altitude. Cela fait déjà plusieurs années que nous allons au Maroc. Le pays change très vite mais les marocaines et les marocains restent toujours aussi accueillants. Ils ne perdent pas leurs sourires et vous parlent avec passion de leurs traditions et de leurs vies. Bien entendu, il y a des laissés-pour-compte. Rançon du modernisme et de la nouvelle économie !? Ce n'est pas certain. Peut être que mon appareil photo m'oblige à regarder ce que je ne veux pas voir. La jeunesse bouge, vie et se bat pour son pays. Les plus anciens rêvent d'avoir vingt ans pour mieux comprendre les nouveaux enjeux. Tous ont adopté le téléphone portable que vous retrouvez des villages du Haut Atlas au désert de l'erg Chebbi. La simca mille Pigeot à disparue des pistes pour laisser place aux voitures modernes sur des rubans d'asphalte qui n'ont rien à envier à nos routes européennes. Il y deux années la route de M'Hamid, le long de l'Oued Draa, m'avait privé du rétroviseur gauche lors d'un croisement avec un bus touristique. Aujourd'hui, les croisements se fond sans risques dès lors que chacun reste bien à droite. Ne croyez pas pour autant pouvoir mettre vos roues n'importe où. Sans un 4x4, un quad ou de bons baskets, vous ne verrez pas ce que le Maroc vous cache de magnifique.

19 octobre 2017 
A la fin de l'année nous repartons au Maroc pour finir le reportage photos. Nous nous poserons dans le Jbel Toubkal, le haut Atlas et Merzouga. Nous avons acheté un quad afin de prendre des ''pistes'' vraiment impraticables pour le camping-car et vraiment trop longues pour la marche à pieds. Au dernier voyage, la neige nous a fait rebrousser chemin dans les gorges de Dades alors, nous y retournerons pour refaire cette magnifique piste.